Nécrologie

  • André Crémillieux (1937-2018)

    Mis en ligne le 21 avril 2018

    Cliché L’Eveil de la Haute-Loire

    « Loyal, fidèle et sincère » en amitié ; « savant, rigoureux et honnête » dans la recherche historique, c’est ainsi que je qualifie la base des relations avec André Crémillieux depuis son intégration dans l’équipe des Cahiers de la Haute-Loire en 1977. Son entrée aux CHL témoigne de l’esprit d’ouverture d’Auguste Rivet qui l’avait parrainé. Gérard Bollon qui nous rejoint l’année suivante n’a pas oublié l’accueil chaleureux qu’il lui avait réservé.

    Moi-même, avec André, nous partagions la même éducation laïque qui fait, malgré nos divergences religieuses ou politiques, que nous nous entendions à demi-mot comme larrons en foire. Pourtant, quelqu’un avait-il cherché à nous brouiller au sujet de son étude La sirène dans les chapiteaux roman, Velay en 1998 ? Lors d’une visite au Monastier, il m’avait raccompagné à la voiture, et quelques jours après, il m’avait reproché mon chapeau, sans doute instrument nécessaire, à ma dignité. Si le mystère demeure, de cette étude de la sirène à deux queues restera la consigne judicieuse de lier l’analyse de ces chapiteaux à celle de ceux qui les environnent.

    Je ne suis certes pas compétent pour juger ses remarquables études concernant les périodes antérieures à l’écriture mais j’ai conservé l’ouvrage collectif (1993) sur les statues de l’Île de Pâques où des savants de renommée internationale lui avaient demandé sa contribution sur le petit outillage en obsidienne. Quant aux Cahiers de la Haute-Loire, ses études, pour n’en citer que quelques-unes sur ses quatorze contributions, sur La Baume-d’Arlempdes, les pierres à venin, les plioirs à dentelles, l’herbier, où l’ethnologie rejoint les arts et traditions populaires, serviront longtemps de références. Je conserve le souvenir du regard affectueux qu’il portait aux béates (qu’entre-nous nous appelions les roubiaques). Dans le livre collectif d’Auguste Rivet, Philippe Moret et Pierre Burger : Voyage au pays des béates, André avait traité avec délicatesse et respect les béates dans leur environnement. Un domaine qu’il connaissait pour avoir inventorié le contenu de ces assemblées chaffriennes et même fait classer les éléments les plus remarquables.

    Il était, sans parti pris, fin et respectueux dans ses analyses et ses corrections avec un sens de l’humour qui l’emportait.

    Éclectique, il savait aussi livrer sa plume à la fantaisie comme dans la biographie romancée d’un original du Monastier Baptiste Eymard puis dans un roman La Dédorure. Dans un style plus proche de celui d’Anatole France que celui de Voltaire.

    André ne courait pas après les honneurs. Cependant, nous n’avions pas apprécié sa mise à l’écart au musée du Monastier dont il fut l’inventeur et qui, pour partie, fut aussi l’œuvre de sa vie.

    L’Éveil de la Haute-Loire sur son site a développé un portrait d’André plus complet que celui qu’il a publié dans son journal qui soulignait qu’il fut d’abord un homme de terrain.

                           Christian de Seauve

    Liste des articles d’André Crémillieux dans la revue Les Cahiers de la Haute-Loire

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  • Auguste Rivet, membre fondateur des Cahiers de la Haute-Loire (1921-2017)

    Mis en ligne le 9 février 2017

    Cl. L’Eveil de la Haute-Loire

    Auguste Rivet s’en est allé en cette fin du mois de janvier 2017, à l’âge de 96 ans. Né en 1921, après des études au petit séminaire de La Chartreuse puis à la faculté des lettres de Lyon, il était revenu dans sa ville natale enseigner l’histoire au lycée Charles et Adrien Dupuy. À l’âge de 41 ans, il participait en décembre 1964 à la fondation des Cahiers de la Haute-Loire lors de la rencontre de personnalités, comme Hubert Collin, archiviste du département, André Alalain, président du conseil d’administration de L’Éveil, avec entre autres les chanoines Auguste Fayard et Joseph Ploton ainsi que deux professeurs du lycée : Roger Gounot, conservateur du musée Crozatier et Jean Merley. Auguste Rivet en fut, pour partie, la cheville ouvrière avec l’art de regrouper des tempéraments contraires et complémentaires dans la recherche d’un but commun 1.

    Au moins trois facteurs sont à l’origine de la création des Cahiers de la Haute-Loire, qui ne sont pas une société savante mais une société d’édition (loi de 1901) : l’engorgement de bonnes études historiques qui ne trouvaient pas d’éditeur, la médiocrité de publications répétitives et le fait que les universités régionales découvraient, avec l’histoire locale, la richesse des sources inexploitées. D’abord, Pierre Roger Gaussin a donné le ton avec une thèse sur l’abbaye de La Chaise-Dieu puis Jean Merley sur l’histoire économique de la Haute-Loire au lendemain de la Révolution (publiée par les éditions des Cahiers de la Haute-Loire) et Auguste Rivet sur l’étude la vie politique de notre département depuis 1815 (aussi publiée par les éditions des Cahiers de la Haute-Loire). Pierre Roger Gaussin fut le créateur et premier président de l’université de Saint-Étienne, il y a attiré Jean Merley et Auguste Rivet qui y termina sa carrière Maître de conférences. Son fils Bernard, trop tôt disparu, nous confia lui aussi en 1988 la publication de sa thèse consacrée au Puy-en-Velay au XVIe siècle, toujours disponible.

    Ses articles sur l’histoire politique, littéraire et religieuse agrémentent chaque numéro des Cahiers de la Haute-Loire, mais aussi d’autres revues comme l’Almanach de Brioude, La lettre de la Société d’histoire de la Montagne, le Bulletin de la Société académique, les Cahiers de Craponne, Erount de Saougues, la Revue d’Auvergne, les Cahiers d’histoire, la Revue des Sciences politiques, la revue de Toulouse, les Études maurassiennes, la Revue d’histoire de la seconde guerre mondiale, la Revue d’Allemagne et des pays de langue allemande, etc. ; sans oublier sa participation à différents colloques et publications des universités, Sorbonne, Montpellier, Lyon et Saint-Étienne. Ses chroniques régulières ont animé L’Éveil de la Haute-Loire dès 1957 et furent suivies à partir de 1961.

    La liste de toutes les publications d’Auguste Rivet est donnée dans Politique nationale et politique locale en Haute-Loire XIXe – XXe siècle, éditions des Cahiers de la Haute-Loire, 2005.

    L’engagement politique d’Auguste Rivet a-t-il nuit à l’impartialité de l’historien ? Nous ne le pensons pas, comme en témoigne cette lettre manuscrite de deux pages de Laurent Eynac du 15 février 1968 à Auguste Rivet : « Je veux vous dire combien j’ai pris intérêt à la lecture de votre étude si fidèlement complète et par ailleurs fort objective sur la vie politique en Haute-Loire de 1920 à 1930 et la bienveillance de votre jugement m’est sensible infiniment. J’ai retrouvé là avec le plus vif plaisir les souvenirs lointains et chers que vous avez fait revivre avec exactitude… 1»

    L’équipe de l’association des Cahiers de la Haute-Loire présente ses sincères condoléances à ses enfants, ses petits-enfants et ses proches.

    1 Repris dans l’éloge funèbre prononcé par Serge Monnier ancien député-maire du Puy aux obsèques d’Auguste Rivet le mercredi 1er février 2017.

    Pour consulter la bibliographie d’Auguste Rivet dans la revue Les Cahiers de la Haute-LoireArticles AR

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  • Christian Lauranson-Rosaz

    Mise en ligne le 2 avril 2016.
    CLRChristian Lauranson-Rosaz, vice-président des Cahiers de la Haute-Loire, nous a quittés dans la nuit de ce vendredi 1er avril 2016, victime d’un accident dans une voiture dont il était le passager. Les Cahiers s’enorgueillissaient de le compter parmi leur plus fidèle et meilleur auteur. Il était né en 1952. Philippe Moret lui avait fait connaître dès 1983 notre équipe.

    Il nous avait engagés à suivre sa carrière d’universitaire et notamment lors de la mise en chantier de sa thèse que nous devions publier. Ce monument, L’Auvergne et ses marges (Velay, Gévaudan) du VIIIe au XIe siècle, la fin du monde antique ? a été soutenu en 1984 à Paris X et publié en 1987. Christian Lauranson nous avait un peu reproché notre retard, mais enfin de compte ravi, car sa sortie a coïncidé avec les célébrations du millénaire capétien. Dans cette thèse, l’auteur s’appuyait pour partie sur ce que nous avions publié depuis 1965, notamment sur les recherches du chanoine Fayard. Par la suite, il a longuement rappelé aux habitants de la Haute-Loire que ce grand mouvement du Haut-Moyen Âge « La paix de Dieu » était né à Saint-Germain-Laprade.

    En 1994, Martin de Framond nous avait raconté le déroulement de l’agrégation d’histoire du Droit décrochée avec brio par Christian Lauranson car il avait fait partie de son équipe. Christian n’était pas avare de ses connaissances qu’il partageait volontiers dans de multiples articles, colloques, renseignements et corrections aux auteurs béotiens comme à ses élèves. Loin de l’image d’un savant austère, il débordait de joie de vivre, de multiples projets et d’enthousiasme. Nos compatriotes s’en sont aperçus lors du colloque Saint-Michel d’Aiguilhe en 2009.

    À son épouse, ses enfants, ses amis de Monistrol-sur-Loire nous présentons nos sincères condoléances.
    Christian de Seauve, président de l’association des Cahiers de la Haute-Loire.

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