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Auguste Rivet, membre fondateur des Cahiers de la Haute-Loire (1921-2017)


Auguste Rivet, membre fondateur des Cahiers de la Haute-Loire (1921-2017)

Mis en ligne le 9 février 2017

Cl. L’Eveil de la Haute-Loire

Auguste Rivet s’en est allé en cette fin du mois de janvier 2017, à l’âge de 96 ans. Né en 1921, après des études au petit séminaire de La Chartreuse puis à la faculté des lettres de Lyon, il était revenu dans sa ville natale enseigner l’histoire au lycée Charles et Adrien Dupuy. À l’âge de 41 ans, il participait en décembre 1964 à la fondation des Cahiers de la Haute-Loire lors de la rencontre de personnalités, comme Hubert Collin, archiviste du département, André Alalain, président du conseil d’administration de L’Éveil, avec entre autres les chanoines Auguste Fayard et Joseph Ploton ainsi que deux professeurs du lycée : Roger Gounot, conservateur du musée Crozatier et Jean Merley. Auguste Rivet en fut, pour partie, la cheville ouvrière avec l’art de regrouper des tempéraments contraires et complémentaires dans la recherche d’un but commun 1.

Au moins trois facteurs sont à l’origine de la création des Cahiers de la Haute-Loire, qui ne sont pas une société savante mais une société d’édition (loi de 1901) : l’engorgement de bonnes études historiques qui ne trouvaient pas d’éditeur, la médiocrité de publications répétitives et le fait que les universités régionales découvraient, avec l’histoire locale, la richesse des sources inexploitées. D’abord, Pierre Roger Gaussin a donné le ton avec une thèse sur l’abbaye de La Chaise-Dieu puis Jean Merley sur l’histoire économique de la Haute-Loire au lendemain de la Révolution (publiée par les éditions des Cahiers de la Haute-Loire) et Auguste Rivet sur l’étude la vie politique de notre département depuis 1815 (aussi publiée par les éditions des Cahiers de la Haute-Loire). Pierre Roger Gaussin fut le créateur et premier président de l’université de Saint-Étienne, il y a attiré Jean Merley et Auguste Rivet qui y termina sa carrière Maître de conférences. Son fils Bernard, trop tôt disparu, nous confia lui aussi en 1988 la publication de sa thèse consacrée au Puy-en-Velay au XVIe siècle, toujours disponible.

Ses articles sur l’histoire politique, littéraire et religieuse agrémentent chaque numéro des Cahiers de la Haute-Loire, mais aussi d’autres revues comme l’Almanach de Brioude, La lettre de la Société d’histoire de la Montagne, le Bulletin de la Société académique, les Cahiers de Craponne, Erount de Saougues, la Revue d’Auvergne, les Cahiers d’histoire, la Revue des Sciences politiques, la revue de Toulouse, les Études maurassiennes, la Revue d’histoire de la seconde guerre mondiale, la Revue d’Allemagne et des pays de langue allemande, etc. ; sans oublier sa participation à différents colloques et publications des universités, Sorbonne, Montpellier, Lyon et Saint-Étienne. Ses chroniques régulières ont animé L’Éveil de la Haute-Loire dès 1957 et furent suivies à partir de 1961.

La liste de toutes les publications d’Auguste Rivet est donnée dans Politique nationale et politique locale en Haute-Loire XIXe – XXe siècle, éditions des Cahiers de la Haute-Loire, 2005.

L’engagement politique d’Auguste Rivet a-t-il nuit à l’impartialité de l’historien ? Nous ne le pensons pas, comme en témoigne cette lettre manuscrite de deux pages de Laurent Eynac du 15 février 1968 à Auguste Rivet : « Je veux vous dire combien j’ai pris intérêt à la lecture de votre étude si fidèlement complète et par ailleurs fort objective sur la vie politique en Haute-Loire de 1920 à 1930 et la bienveillance de votre jugement m’est sensible infiniment. J’ai retrouvé là avec le plus vif plaisir les souvenirs lointains et chers que vous avez fait revivre avec exactitude… 1»

L’équipe de l’association des Cahiers de la Haute-Loire présente ses sincères condoléances à ses enfants, ses petits-enfants et ses proches.

1 Repris dans l’éloge funèbre prononcé par Serge Monnier ancien député-maire du Puy aux obsèques d’Auguste Rivet le mercredi 1er février 2017.